Fin de permis

Le permis de votre salarié étranger arrive à échéance : les options pour le garder

Un permis fermé finit toujours par expirer, et c’est souvent là qu’un employeur perd un salarié qu’il a mis des mois à recruter. Cet automne, une voie de prolongation sans EIMT existe pour certains travailleurs, mais elle s’arrête le 31 décembre 2026. Voici les options, ce que chacune demande, et le calendrier qui va avec.

2 novembre 2026 · 7 min de lecture · Pour les employeurs

Un dirigeant et un salarié échangent autour d'un ordinateur portable

Pourquoi la question se pose maintenant

Trois dates de l’automne 2026 changent la façon de préparer la fin d’un permis.

La première, c’est le 31 octobre 2026. C’était la fin de la fenêtre de dépôt du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), rouvert le 2 juillet. Les travailleurs qui n’ont pas déposé dans ces quatre mois passent désormais par le PSTQ, avec des invitations au compte-gouttes.

La deuxième, c’est le 31 décembre 2026. C’est la date limite d’une mesure fédérale temporaire : un travailleur en permis fermé, invité au PSTQ, peut obtenir jusqu’à 12 mois de plus chez son employeur, sans nouvelle EIMT. Après cette date, sauf annonce contraire, la mesure disparaît.

La troisième, c’est le changement de gouvernement à Québec. Le Parti québécois, au pouvoir depuis le 21 octobre, a promis de réduire de moitié les résidents non permanents et de ramener le programme des travailleurs étrangers temporaires à environ 40 000 personnes. Ce ne sont que des promesses à ce stade, rien n’est en vigueur. Mais elles rendent l’après-2026 plus incertain, et le plan fédéral des niveaux d’immigration, attendu début novembre, pourrait aussi changer la donne.

Résultat : pour un salarié dont le permis expire dans les prochains mois, la marge de manœuvre est plus grande aujourd’hui qu’elle ne le sera peut-être en 2027.

Les options

Les quatre façons de prolonger un salarié

Elles ne s’adressent pas aux mêmes profils et ne prennent pas le même temps. La bonne dépend du permis actuel, du poste et de la région.

1 · La prolongation de 12 mois sans EIMT

  • Pour un salarié en permis fermé, invité au PSTQ
  • Permis actuel qui expire au plus tard le 31 décembre 2026
  • Même employeur, offre déposée sur le Portail des employeurs
  • Demande à déposer au plus tard le 31 décembre 2026

2 · Une nouvelle EIMT

  • La voie classique quand rien d’autre ne s’applique
  • 1 000 $ de frais fédéraux par poste, plus les frais du Québec
  • Postes à bas salaire (sous 36 $/h) non traités à Montréal et à Laval, sauf exceptions
  • Entreprises de 25 employés et plus : conformité en francisation à démontrer

3 · Une autre participation EIC

  • Possible pour certains pays, selon l’entente avec le Canada
  • Combinaisons de permis et âge limite imposés
  • Soumise aux quotas : celui de la France pour 2026 est épuisé
  • Pas de Jeune Professionnel pour les Belges

4 · La résidence permanente

  • Le PSTQ reste la porte d’entrée, sur invitation
  • Depuis mai 2026, Québec traite en priorité les travailleurs dont le permis arrive à échéance
  • Aucune garantie d’une décision avant l’expiration du permis
  • Elle se combine presque toujours avec l’une des trois autres options
Jusqu’au 31 décembre 2026

La prolongation de 12 mois sans EIMT

C’est la mesure la plus avantageuse du moment, et la moins connue des employeurs.

Depuis le 13 mars 2026, Ottawa applique une politique d’intérêt public pour les travailleurs du Québec qui visent la résidence permanente. Sa version actuelle date du 5 juin 2026. Elle permet à un salarié en permis fermé d’obtenir un nouveau permis de travail, jusqu’à 12 mois, chez le même employeur, sans EIMT ni CAQ.

Les conditions côté salarié

Il doit avoir été invité à présenter une demande au PSTQ et avoir déposé sa demande de sélection permanente au Québec. Son permis actuel est un permis fermé, pour un employeur au Québec, qui expire au plus tard le 31 décembre 2026. La mesure couvre aussi un permis déjà expiré, si une demande de prolongation a été faite à temps, ou si le permis a expiré depuis le 13 mars 2026 et que le salarié demande le rétablissement de son statut.

Elle vaut pour un permis obtenu avec une EIMT comme pour un permis du programme de mobilité internationale. Un salarié en Jeune Professionnel peut donc en profiter, à condition que son permis expire d’ici la fin de l’année et qu’il ait reçu son invitation au PSTQ.

Ce que fait l’employeur

L’employeur dépose une offre d’emploi sur le Portail des employeurs d’IRCC, avec le code de dispense R01. Les 230 $ de frais de conformité ne sont pas dus : une option d’exemption existe dans le portail, avec une lettre explicative à joindre. IRCC demande aussi d’inscrire le code PPTR2PRQC2026 dans le champ du titre du poste, pour le traitement prioritaire. Le portail génère ensuite un numéro d’offre (la lettre A suivie de sept chiffres), que le salarié reprend dans sa demande en ligne.

Le poste peut évoluer par rapport au permis précédent. C’est l’employeur qui doit rester le même.

Ce que paie le salarié

155 $ de frais de permis de travail, 85 $ de biométrie si elle est demandée, et 246,25 $ s’il doit rétablir son statut. Son conjoint, s’il figure sur la demande au PSTQ, peut obtenir un permis ouvert.

Une mesure qui s’arrête le 31 décembre 2026

La demande doit être déposée au plus tard ce jour-là, et la politique peut être révoquée à tout moment. Un salarié dont le permis expire en 2027 n’y a pas droit dans sa version actuelle. À ce jour, aucune prolongation de la mesure n’a été annoncée.

Quand la demande est encore en cours à l’expiration

C’est le cas le plus fréquent, et il est souvent mal compris.

Si le salarié dépose sa demande de prolongation avant la date d’expiration de son permis, il peut rester au Canada et continuer à travailler pendant le traitement. C’est ce qu’IRCC appelle le statut maintenu. Une demande en ligne doit partir avant minuit, heure UTC, le jour de l’expiration.

Le statut maintenu a ses limites. Le salarié continue dans les mêmes conditions : même employeur, même poste, même lieu de travail. Il ne peut pas renouveler sa carte d’assurance maladie ni son permis de conduire, et il ne peut pas prolonger son numéro d’assurance sociale tant que la décision n’est pas tombée. Avec une demande en ligne, il reçoit une lettre qui prouve son droit de travailler, utile pour la paie et pour les RH.

À l’inverse, un permis qui expire sans demande déposée fait perdre le droit de travailler du jour au lendemain. Le rétablissement du statut reste possible dans certains délais, mais le salarié doit s’arrêter de travailler en attendant.

Le calendrier à prévoir

Les délais officiels changent souvent. Ce calendrier reflète ce que nous observons dans les dossiers que nous suivons, pas un engagement des autorités.

  1. 01

    Un an avant l’expiration

    On fait le point avec le salarié : veut-il rester, quel est son niveau de français, a-t-il un profil dans Arrima ? C’est aussi le moment de vérifier si une nouvelle EIMT serait possible pour son poste et sa région.

    12 mois avant

  2. 02

    La voie est choisie

    Prolongation sans EIMT, nouvelle EIMT ou autre permis : la décision se prend tant qu’il reste le temps de monter le dossier. Une EIMT demande plusieurs mois entre le recrutement exigé, l’évaluation au Québec et la décision fédérale.

    6 à 9 mois avant

  3. 03

    Les demandes sont déposées

    L’offre est déposée sur le portail et la demande de permis suit. Déposer tôt laisse une marge si une pièce est réclamée.

    3 à 6 mois avant

  4. 04

    Le relais est assuré

    Si la décision n’est pas tombée, le statut maintenu prend le relais. Les RH gardent la lettre d’IRCC au dossier et suivent la décision.

    À l’expiration

Le rôle de l’employeur et celui de Workin

Côté employeur

  • Connaître la date d’expiration du permis de chaque salarié
  • Ouvrir la discussion sur la suite au moins un an avant
  • Déposer l’offre sur le Portail des employeurs quand la voie est choisie
  • Garder au dossier les preuves du droit de travailler

Côté Workin

  • Revue des permis de vos salariés et des échéances à venir
  • Choix de la voie avec nos juristes partenaires
  • Montage de l’EIMT ou de l’offre sur le portail
  • Suivi avec le salarié jusqu’à la décision
FAQ

Fin de permis d’un salarié étranger : vos questions

Le permis Jeune Professionnel peut-il être renouvelé ?

Pas à l’identique. Il dure 24 mois au plus et ne se prolonge pas comme un permis ordinaire. Pour garder le salarié, il faut une autre base : la prolongation de 12 mois si son permis expire d’ici fin 2026 et qu’il est invité au PSTQ, une EIMT, ou une autre participation EIC quand son pays le permet.

Le salarié doit-il garder exactement le même poste ?

Pour la prolongation de 12 mois, non : IRCC précise que le poste peut changer, tant que l’employeur reste le même. En statut maintenu, en revanche, il continue dans les conditions de son permis actuel, sur le même poste et au même endroit.

Le PEQ est-il encore ouvert ?

Le programme est rouvert jusqu’au 2 juillet 2028, mais la fenêtre de dépôt des demandes a couru du 2 juillet au 31 octobre 2026. Les demandes déjà déposées sont en traitement. Pour les autres, c’est le PSTQ, sur invitation.

Les promesses du nouveau gouvernement s’appliquent-elles déjà ?

Non. La réduction des résidents temporaires, le plafond d’environ 40 000 travailleurs étrangers temporaires et les permis sectoriels ou régionaux sont des engagements de campagne. Rien n’est en vigueur au moment où nous écrivons, et plusieurs mesures demanderaient l’accord d’Ottawa.

Que se passe-t-il si le permis expire sans demande déposée ?

Le salarié perd son droit de travailler à la date d’expiration. Il peut demander le rétablissement de son statut dans un certain délai, mais il doit cesser de travailler en attendant la décision. C’est la situation que le calendrier ci-dessus cherche à éviter.

À lire ensuite

Sur le même sujet

Avec ou sans EIMT

Les deux chemins pour recruter un travailleur étranger au Québec, et ce que chacun demande à l’employeur.

Vers la résidence permanente

Du permis de travail à la résidence permanente : le PSTQ, ses critères réels, et ce qui se prépare dès la première année.

Ils nous font confiance

KFC Yamano Kami Gouvernement du Québec Groupe Tremblay Machitech Hôtel du Vieux-Québec Creaform Chapka Enterprise RBC Stripe Monster Indeed Pit Caribou Estérel